L’itinérance n’est pas simple et dans le cas de James comme dans celui de tous les autres participants logés, le choix de vivre à l’intérieur s’accompagne de plusieurs questionnements. Dans le film Une vie honorable, réalisé à Toronto par Manfred Becker, il raconte:
Je préfèrerais retourner dans la rue car je comprends mieux comment habiter dans la rue que comment habiter à l’intérieur. À l’extérieur, tu es complètement libre. Tu es indépendant, tu vis au jour le jour, par toi-même. C’est plus honnête et honorable. Parce qu’une fois que tu es à l’intérieur, tu commences à avoir tous les symptômes de la société industrielle moderne. En vivant à l’intérieur, tu deviens mou. J’aimerais pouvoir être encore dehors, vivre la vie comme elle vient, mais malheureusement, j’ai maintenant l’âge de la pension. Et l’argent ça change les gens. Et là, j’ai un revenu.
Cette affirmation de James, surprenante quand on est habitué au confort que procurent un toit et un emploi, est plutôt logique selon Becker: « James connait mieux la vie dans la rue que la vie à l’intérieur. Il sait comment fonctionner à l’extérieur. En se retrouvant entre quatre murs, avec un toit sur la tête, c’est normal qu’il ressente une forme de claustrophobie. »












